Brasov




    image radar France




    Newsletter:

  • Culture & Patrimoine, Urbanisme
  • Back to Portfolio






Brașov est une ville du centre de la Roumanie, à la courbure des Carpates, ayant le statut de municipe (capitale administrative locale). Elle est le chef-lieu du județ de Brașov.

Elle se situe dans le pays de la Bârsa, région historique de la Transylvanie, et s’étend autour de la colline Tâmpa. Elle est historiquement une fondation saxonne. Sa forteresse, construite sous le règne d’Étienne Ier de Hongrie au début du xie siècle, a été concédée par son successeur André II en 1211 à l’Ordre Teutonique comme fief de l’ordre avec un ensemble de fortifications puissantes afin de limiter l’effet destructeur des invasions mongoles et tatares venues de l’actuel territoire de l’Ukraine. Après ces invasions, l’ordre se déplaça au nord de l’Europe et la ville continua à se développer avec une population allemande importante et une population roumaine minoritaire jusqu’au début du xxe siècle.

En 2011, d’après le recensement officiel, la population était de 253 200 habitants pour la ville elle-même et de 549 217 pour le județ de Brașov. La ville est un centre touristique important et la plus grande station de ski de l’Europe de l’Est. Elle est depuis longtemps un important centre économique.

Les fouilles indiquent la présence de grandes cultures néolithiques (culture Noua, Tei, Dealu-Melcilor) sur l’actuel territoire de Brașov.

Plus tard, les découvertes archéologiques ont attesté l’existence des temples daces autour du site dit des « Pierres de Salomon », de quelques entrepôts pour les denrées sous le marché du Conseil (au cœur même de la ville), de quelques habitations et fortifications sur la colline Dealul Melcilor et dans le quartier Valea Cetății (la Vallée de la Cité). La plupart de ces sites ont été détériorées au temps de la dictature, dans le cadre du programme de systématisation.

Avant le xiiie siècle de notre ère, aucun document ne parle de Brașov. Cependant, on observe une présence continue, surtout dans les quartiers de Șchei et de Bartolomeu. La commune actuelle s’est formée par l’union de plusieurs localités : Bartolomeu, Brașovul Vechi, Coroana, Șchei, Blumenau, Noua, Dârstea et Stupini.

C’est à la demande du roi André II de Hongrie que Hermann von Salza conduit une expédition contre les Coumans. Les chevaliers teutoniques s’établissent alors au sud-est de la Transylvanie et tentent d’y créer un État autonome. Aux xiiie et xive siècles, Brașov est attaquée par les Tatars et les Turcs. De grands remparts sont érigés pour la défendre, qui resteront en service jusqu’au xviie siècle.

Au xvie siècle, la ville, métropole des Saxons de Transylvanie, connaît un grand essor économique, grâce à sa position géographique sur la route entre la Baltique et Constantinople et à certains privilèges fiscaux. De l’ambre, des fourrures, des peaux, des tissages dans le sens nord-sud, de la soie, du miel, des épices, des métaux et des pierres précieuses dans le sens sud-nord, transitent ici avec de faibles taxes douanières. C’est pour avoir voulu les augmenter que le prince valaque Vlad III a été représenté en monstre sanguinaire, empaleur, cannibale et vampire par les libelles des marchands de Brașov, qu’Ármin Vámbéry fit connaître au xixe siècle à Bram Stoker en recherche d’un titre pour son roman gothique Dracula.

Du point de vue historique, Brașov est au moins aussi importante que Sibiu, car elle était le centre militaire et politique traditionnel des Saxons de Transylvanie. Il y avait à cette époque 45 corporations différentes, et la prospérité permet l’édification de nombreux monuments dont certains sont encore visibles aujourd’hui. C’est également le siècle où Johannes Honterus, un humaniste allemand, réside et travaille à Brașov. Les premiers livres en roumain y seront imprimés par Coresi. Mais en 1688, un incendie ravage la ville et la population doit faire face à une épidémie meurtrière.

Au xixe siècle, à l’époque austro-hongroise, la démolition des remparts permet un renouveau d’activité, avec l’édification des usines et des manufactures. On y édite la Gazette de Transylvanie, journal militant pour le maintien (dans le cadre de l’Autriche-Hongrie) du voïvodat de Transylvanie, qui est tout de même a été aboli en 1867 et directement rattaché à la Hongrie.

Après la Première Guerre mondiale, la Transylvanie ayant voté son rattachement à la Roumanie, Brașov devient le deuxième centre économique roumain après Bucarest, mais sera soumise, comme tout le pays, au demi-siècle de régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989. La ville est partiellement détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Brașov est occupé par l’Armée rouge et parmi les Saxons de la ville et ceux de la région, suspectés en bloc d’avoir soutenu la Wehrmacht, de nombreuses familles sont déportées en Union soviétique. Un petit nombre put revenir après la déstalinisation (1956).

Entre le 8 septembre 1950 et 24 décembre 1960, la ville fut nommée Orașul Stalin (Staline-ville) en l’honneur de Joseph Staline. Durant cette période, sur le versant du mont Tâmpa, la forêt fut « découpée » pour y incruster avec des arbres d’espèces différentes, sur tout le versant les lettres « S T A L I N » dont les dernières traces de coloration ont presque disparu ces dernières années.

La région de Brașov connut la plus forte résistance contre le communisme de toute la Roumanie. Soutenus par la population rurale, les résistants armés vivaient dans les montagnes. La plupart d’entre eux furent assassinés en 1962, mais une partie des résistants n’avait toujours pas été retrouvée en 1989 à la fin de la dictature communiste. On notera également la résistance importante des paysans à la collectivisation des terres.

Le 15 novembre 1987, une révolte spontanée de la population fut réprimée (il y eut plusieurs morts) et les personnes impliquées furent ensuite sévèrement torturées. Les gens avaient réussi à pénétrer dans l’Hôtel de ville, s’étaient partagé toutes les réserves de nourriture de la nomenklatura et avaient jeté dans les égouts les archives de la Securitate locale. Cette révolte spontanée fut rapidement réprimée.
Deux ans plus tard, lors de la révolution roumaine de 1989, c’est la deuxième ville qui se soulève contre le communisme, après Timișoara, mais avant Bucarest. Malgré l’ordre de tirer sur la population, la plupart des coups furent tirés en l’air, limitant ainsi le nombre de victimes. Une partie importante des victimes vivait sur les collines les plus hautes. Au total, il y eut 66 morts, la plupart touchés par des balles perdues.

À la suite de ces deux révoltes, la ville a reçu le titre de « ville martyre », symbolisé sous forme d’un monument à l’entrée dans la ville.
La ville a toujours une petite minorité d’Allemands et même un lycée allemand.

La ville est située sur un plateau à la courbure des montagnes Carpates et de ce fait elle enregistre pendant l’hiver les températures les plus basses du pays. En règle générale chaque hiver a ses périodes ou les températures peuvent descendre jusqu’à -10 ou parfois même en dessous de -20 degrés Celsius pendant quelques jours ou semaines. Cependant sa position montagneuse la protège contre les vents violents de neige qui se forment en Moldavie à l’est des Carpates et en Munténie au sud des Carpates. Pendant l’été, les températures peuvent dépasser 30 degrés Celsius comme c’est le cas dans les autres villes de Roumanie. Cette différence de températures entre l’hiver et l’été est due au climat de type continental.



webcam Brasov



Booking.com